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Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris

PARIS, 11 mai 2010 (AFP) - Le conseil de Paris a voté mardi l'harmonisation des tarifs de cantine dans tous les arrondissements, ce qui devrait permettre à plus de 60% des familles de voir les prix des repas scolaires baisser, selon la mairie de Paris. Le groupe UMP-Paris et le Nouveau centre ont voté contre cette nouvelle grille, la majorité (PS, Verts, PCF-PG) et l'unique élu Modem de l'hémicycle parisien Jean-François Martins, ont voté pour. Défendant "une réforme de justice sociale", Colombe Brossel, adjointe (PS) à la vie scolaire, a expliqué que ces nouveaux tarifs permettront à 65% environ des familles de voir les tarifs baisser, et 30% verront les prix augmenter. Les caisses des écoles pénalisées par la réforme verront leur manque à gagner entièrement compensé, avait précisé Mme Brossel en présentant cette réforme jeudi dernier. Jusqu'à présent les caisses des écoles (entité autonome mais présidée par le maire d'arrondissement) fixaient librement le tarif des repas dans les écoles et un certain nombre de collèges, Paris étant ville et département.

Selon la mairie de Paris, ce système entraînait des inégalités où par exemple une famille aisée d'un arrondissement payait moins qu'une famille modeste dans un autre.

La réforme proposera ainsi une grille unique de huit tarifs pour toute la capitale.

 

Appel à rassemblement : L'Europe solidaire avec le peuple grec contre les marchés financiers Mercredi 5 mai 18h30 Devant la délégation de la Commission européenne à Paris, 288 Bld Saint Germain, Paris 7 e (Mo Solférino)

Les marchés financiers s'attaquent depuis plusieurs mois à la Grèce. Pour « rassurer les marchés », l'Union européenne et le FMI imposent une cure d'austérité drastique au peuple grec. L'âge de la retraite passera à 67 ans. Les salaires seront diminués de 15% dans le secteur public, et les licenciements facilités dans le secteur privé. La TVA sera augmentée de 2 points. D'autres mesures sont prévues. Ce plan d'austérité plongera l'économie grecque dans la dépression. La Grèce n'est que le premier domino. Une fois son compte réglé, les marchés financiers s'attaqueront à d'autres pays, Portugal, Espagne, Irlande... ou France. L'enjeu est simple: qui paiera la facture de la crise financière, du renflouement des banques et des déficits publics ? L'Union européenne annonce un « plan de sauvetage de la Grèce ». Mais les prêts consentis ne profiteront qu'aux spéculateurs, pas au peuple grec. Et ils ne résoudront rien à terme. Si les peuples européens ne réagissent pas fortement, les droits sociaux seront partout mis à mal. Les peuples seront dressés les uns contre les autres, comme c'est déjà le cas des Grecs, désignés comme « tricheurs » et « irresponsables ». On sait où cela peut mener. Pour stopper cet engrenage, nous devons nous mobiliser aux côtés des Grecs. Une grève générale est prévue en Grèce le 5 mai et les organisations grecques appellent à la solidarité des mouvements sociaux européens. Nous exigeons de l'Union européenne et des gouvernements : - des mesures énergiques contre la spéculation financière, - un véritable plan de solidarité financière avec la Grèce, - une réorientation radicale de la construction européenne, qui privilégie les intérêts des populations et pas de la finance.

 

Les peuples ou les marchés financiers ? Les gouvernements et l’UE doivent choisir ! Après avoir été sauvés par les États, voilà que les banques et les marchés financiers attaquent les États. Les déséquilibres d’avant la crise et ayant conduit à celle-ci n’ont pas été dépassés. Les États ont sauvé les banques sans se donner les moyens de les contrôler, ils ont restauré la puissance des marchés financiers en renonçant à les réguler et sans développer productions, recherches et services socialement et écologiquement utiles, sans relancer l’emploi et la justice sociale, sans augmenter les recettes publiques. J'ai signé cet appel européen Pierre Mansat >Pour les populations, c’est la double peine. Après des années de dégradation en raison des politiques néolibérales, elles subissent les effets directs de la crise financière (chômage, récession) et sont maintenant touchées par la régression sociale que les gouvernements entendent leur imposer. Les plus vulnérables - et notamment les femmes, les jeunes, les migrants, les précaires - déjà très durement touchés seront plongés dans des situations encore plus dramatiques. Les gouvernements doivent rompre avec la logique : « La dette pour les États, la ceinture pour les peuples, les profits pour la finance ». C’est avec une autre logique qu’il devient possible de trouver des solutions.

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le voici> Ce voeu a été adopté par le Conseil du 10 mai Dans le 20e arrondissement, le Théâtre de l’Est parisien a mis en place depuis plusieurs années un travail de création contemporaine et d’éducation populaire qui rencontre un grand succès. Depuis 2002, Plus de 1200 représentations d’œuvres d’auteurs vivants y ont été données. Un programme spécifique en direction des jeunes spectateurs existe également, exemplaire dans sa variété, qui accueille environ 20 000 d’entre eux, chaque année. Malheureusement, après 8 années particulièrement denses, l’Etat a décidé de ne pas renouveler le mandat de la directrice qui arrive échéance en 2011, et se désengage au prétexte de la Révision Générale des Politiques Publiques. Cette décision, sans rapport avec la qualité et le succès du travail des équipes et des artistes de cette institution, menace la continuité d’une programmation qui met en avant l’éducation par le théâtre. Pour les petits Parisiens, il s’agit d’une mauvaise nouvelle. La promesse d’un non renouvellement de spectacles, d’animations et d’ateliers particulièrement fertiles et utiles. C’est pourquoi, sur proposition de Pierre Mansat, Ian Brossat, du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, le Conseil de Paris demande au Maire d’interpeller le Ministre de la culture sur la mise en péril du Théâtre de l’Est Parisien, et sur la nécessité de permettre la continuité de sa programmation en direction de la jeunesse.

 

Tenon1_PM.jpgDonc, devant l’absence de réponse de l’AP/HP malgré les engagements pris, nous avions décidé de nous manifester à Tenon même. Nous nous sommes retrouvés samedi 10 avril une bonne cinquantaine dans le hall de la maternité de Tenon. Belle manifestation, dynamique, joyeuse et résolue. Bonne représentation du collectif et de ceux qui nous soutiennent. En même temps, rue Belgrand un petit groupe a distribué un tract sur le marché pour expliquer notre action et faire signer la pétition très bien accueillie. Nous avions prévenu la presse, le Parisien et France 3 sont venus. Certains ont peut-être vu à 19h le reportage de France 3 qui rendait assez bien compte des raisons de notre action. Dimanche matin, un article court dans le Parisien . Nous sommes restés jusqu’à 15H30. Nous voulions une réponse, et après des discussions un peu difficiles avec la directrice adjointe, on nous a fixé un rendez vous pour une réunion chez le Directeur Général de l’AP/HP avec aussi le directeur de Tenon lundi 12 à 17H. Nous avons obtenu qu’un document précisant les propositions de l’AP/HP soit envoyé lundi matin à la délégation. Nous appelons tous ceux qui le peuvent à venir soutenir la délégation en se rendant 3 avenue Victoria, devant le siège de l’AP/HP, entre 17 et 18H.

 

> HAPPY BIRTHDAY MUMIA

mumiaHAPPY BIRTHDAY MUMIA Mumia aura 56 ans le 24 avril prochain dont 28 passées dans le couloir de la mort. La moitié de sa vie ! A cette occasion, le Collectif Unitaire National vous invite à lui adresser une carte d’anniversaire avec cette mention « Happy birthday Mumia, Freedom now ». Vous pouvez la compléter à votre guise en anglais ou en français. Nous suggérons l’envoi de cartes postales de nos belles régions françaises. Pour ce faire, mettre la carte sous enveloppe avec vos coordonnées au dos (nom, prénom, adresse + France), l’affranchir avec un timbre de 0,85 € et l’envoyer à (en respectant la disposition et le nombre de lignes de l’adresse) : Mumia ABU-JAMAL AM # 8335 SCI GREENE 175 Progress Drive WAYNESBURG PA 15370 8090 USA L’objectif est de faire parvenir 1.000 cartes (mille) à la prison de SCI Greene. Afin de pouvoir les comptabiliser, nous vous remercions de nous informer de votre envoi par courrier (MRAP solidarité MUMIA - 43 Boulevard de Magenta 75010 Paris) ou par courriel à abujamal@free.fr Outre l’expression d’une forte solidarité française envers Mumia, cette manifestation à 1.000 voix montrera aux autorités pénitentiaires, judiciaires et politiques de Pennsylvanie notre détermination à soutenir cet homme dans son combat pour défendre son innocence et recouvrer la liberté. Merci de diffuser ce message le plus largement possible dans vos réseaux et de le faire suivre à vos contacts personnels. ENSEMBLE, SAUVONS MUMIA Collectif Unitaire National de Soutien à Mumia Abu-Jamal 43, boulevard de Magenta 75010 Paris - TEL : 01 53 38 99 99 - FAX : 01 40 40 90 98 E-mail : abujamal@free.fr - Internet: http://www.mumiabujamal.net

 

Plusieurs départs annoncés marquent l’actualité du PCF. Simple démission ? La plupart veulent continuer l’engagement communiste quand le PCF se cantonne à la seule préservation de l’appareil. Cela fait bien longtemps que le PCF a perdu son unité interne qui fut sa force passée… et son tendon d’Achille. A coup d’exclusions d’abord, de mises à l’écart et d’hémorragie ensuite, le PCF avait su pendant des décennies préserver une cohérence interne quand bien même la ligne pouvait fluctuer. Depuis les années 1990, il n’en est plus ainsi. Robert Hue eut l’intuition d’admettre les temps nouveaux et de faire droit à la diversité d’opinion au sein du parti. Une longue décennie de cohabitation plus ou moins sereine s’ouvrait. La crise de l’élection présidentielle de 2007 et surtout la préparation des régionales ont mis un terme à ce moment. Une vague de « défiance » et de « départ » du PCF se profile : elle prend des formes variables – démission des instances dirigeantes, départ pur et simple, rétention de cotisations, etc. Petite revue de détail. Il y eut d’abord les fédérations qui n’ont pas fait le choix du Front de gauche et ont choisi l’alliance avec le PS dès le premier tour. Beaucoup d’entre elles sont de sensibilité « huiste », quand bien même le nom de Robert Hue n’est plus aussi unificateur. En guerre avec la direction nationale, plusieurs secrétaires fédéraux et élus régionaux ne cachent plus leur lassitude : des départs sur la pointe des pieds se confirment.

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__Pourquoi nous quittons le Parti communiste français Pierre Mansat, Adjoint au Maire de Paris, élu du 20e Catherine Gégout, ancienne Conseillère de Paris et du 20e__ Depuis 40 ans nous tentons de contribuer, en idées et en actes, à ce que le Parti communiste français tienne toute sa place. Pour Pierre depuis 1973, et après 4 ans au sein de la jeunesse communiste, pour Catherine depuis 1972. C’était notre vie. Nous avons continué à le faire malgré les désaccords croissants que nous avions avec les pratiques et la stratégie de la direction. L’étape de l’élection présidentielle de 2007 a certainement été à cet égard un moment particulièrement douloureux. Les idéaux qui nous ont portés, dans notre activité syndicale et associative puis comme responsables politiques et élus n’ont cessé de nous animer. Nous avons beaucoup appris en militant, de même que nous avons beaucoup donné. Nous avons rencontré des gens merveilleux et des camarades qui sont devenus des amis auxquels nous tenons beaucoup. Fallait-il pour autant nous taire devant les blocages et l’immense gâchis que nous constations? Aussi nous avons régulièrement, chacun à notre manière, exprimé désaccords et propositions au sein même du Parti, puis plus publiquement, sans pour autant nous intégrer dans l’un des groupes de camarades en recherche de solutions collectives. Alors nous avons dû faire face à l’incompréhension de certains, l’hostilité d’autres - on est vite soupçonné de trahison dans cette organisation fraternelle lorsqu’on exprime publiquement une opinion divergeant de la ligne officielle - mais nous avons aussi rencontré bien des camarades qui partageaient tout ou partie de nos opinions et se désespéraient de voir le Parti avoir de moins en moins de prise réelle sur la société. Passons sur les pratiques de l’actuelle direction de la Fédération de Paris, imprégnées d’autoritarisme, de manœuvres et d’ambitions personnelles. Les comportements lors des élections sont à cet égard révélateurs, qu’il s’agisse des dernières présidentielles, municipales et régionales. Passons aussi sur l’indifférence, voire le mépris, vis-à-vis de ce que nous avons pu réaliser comme élus, singulièrement autour de ce qui est devenu un sujet majeur de confrontation, le Grand Paris, ou l'action dans les milieux altermondialistes. Enfin nous en sommes arrivés à la conviction que cet outil que les communistes se sont donné n’est plus aujourd’hui réformable, ne peut pas jouer un rôle moteur dans la construction d’une alternative, produire les idées et les actes nécessaires. Le Parti communiste a été important dans l’histoire, a pesé sur l’évolution de la société française, chaque fois qu’il a été capable de rassembler, de cristalliser les espoirs et les forces dans un élan transformateur, de contribuer à l’irruption du peuple sur la scène politique.. Sa perte de substance l’en rend aujourd’hui incapable. Nous le regrettons d’autant plus que pour l’instant aucune force pouvant y répondre n’a émergé et ce n’est pas sans amertume que nous constatons que le Parti communiste aurait dû être le levain de la construction d’une telle force mais qu’il a constamment choisi le repli « identitaire », sous une façade d’ouverture et d'autosatisfaction. Il continue ainsi de « rater » les enjeux, comme celui du défi climatique. Nous avons bien conscience que notre décision fera de la peine à certains camarades qui ont de l’estime pour nous et que nous respectons infiniment. Mais il ne nous est plus possible de faire partie d’une organisation à laquelle nous ne croyons plus malgré notre estime pour les militants qui donnent le meilleur d’eux-mêmes et sont aux côtés de ceux qui luttent. Aussi nous ne sommes aujourd’hui plus membres du Parti communiste français. C’est le résultat d’un déchirement lent et douloureux. Pierre continuera bien entendu à assurer son mandat d’élu comme à répondre aux multiples sollicitations des militants politiques et associatifs qui ont besoin de soutien dans les luttes qu’ils mènent. La société bouge. L’aspiration au changement est profonde. Divers espaces sont en gestation qui se donnent comme objectif l’élaboration commune d’une alternative progressiste au néolibéralisme, d’un programme de profonde transformation sociale et écologique. Nous sommes disponibles pour y contribuer. Paris le 29 mars 2010

 

> Roger Martelli: La fin d'une époque

L’enjeu communiste me paraît pouvoir s’exposer de façon lapidaire : la démocratie est malade ; elle ne va pas bien faute de dynamique de politisation populaire ; cette carence s’explique parce qu’il n’y a pas, face à la crise systémique du capital de projet crédible d’alternative fondée sur l’émancipation et la promotion des classes populaires ; ce projet est dans les limbes, parce que n’existe pas d’espace politique partagé, capable d’agréger les attentes, en les mettant en cohérence, en les portant dans les luttes sociales et en les articulant à une perspective politique à vocation transformatrice majoritaire. Tel est l’enjeu ; telle est l’urgence. Les récentes régionales en ont été l’illustration éclatante : abstention massive, persistance du vote FN, éclatement de la gauche de gauche. Cette situation, installée depuis 2007, est intenable : il est inimaginable que l’on laisse le terrain politique à gauche, d’un côté au « réalisme » attribué au parti socialiste et, de l’autre côté, à « l’innovation » qui serait la marque d’une Europe-écologie, complexe, non homogène, mais terriblement ambiguë. Il y a urgence à rompre cette mécanique. S’il y a urgence, c’est que le temps est compté ; s’il est compté, il n’y en a pas à perdre. De ce point de vue, je n’irai pas par quatre chemins : la structure actuelle du PCF est aujourd’hui fossilisée, malgré la richesse inestimable de ses militants et de ses élus. Que le patrimoine communiste soit en déshérence est un drame : pour les communistes d’abord, pour la gauche d’alternative ensuite ; pour la gauche tout court, enfin. Le déclin à ce jour inexorable du PCF n’a été compensé par aucune force ; ce manque à gagner se paie au prix fort. Mais la structure actuelle du parti est telle, que l’on ne peut espérer de l’intérieur la révolution sans laquelle le communisme politique est anémié. Il y a maintenant plus de vingt ans, je me suis lancé avec beaucoup d’autres dans l’aventure des « refondateurs ». D’autres avaient essayé, avant nous, de persuader l’organisation de la nécessité du mouvement ; dénigrés, agressés, meurtris, ils y ont renoncé. Nous avons longtemps persisté (la « dissidence » la plus tenace de l’histoire du parti…). Nous avons toujours su que la tâche était difficile et qu’elle relevait d’un pari. Nous avons estimé que ce pari était raisonnable, parce que le PCF était historiquement marqué par une contradiction : à la fois un appareil fermé, de souche « bolchevico-stalinienne » (les deux termes n’étant pas superposables au demeurant…) et une tradition de rapport au réel qui permettait de métisser le parti pris de la radicalité et le sens de la construction politique à vocation majoritaire. À plusieurs reprises, dans le passé, alors même que le PC était enfermé dans une culture ouvertement stalinienne, il avait su prendre des tournants politiques qui l’avaient sauvé de l’isolement sectaire et l’avaient même placé au cœur de l’espace politique national (1934-1936, début des années 60, période de l’eurocommunisme). Nous pensions pouvoir jouer de cette contradiction pour plaider en faveur d’un sursaut salvateur. Cette démarche a buté sur un obstacle ultime en décembre 2006, au moment du choix de la candidature de Marie-George Buffet à la présidentielle. Il était acquis que cette candidature déboucherait sur un cataclysme électoral pour le PC et sur une atomisation de la gauche « antilibérale » ; or, en toute connaissance de cause, la direction a choisi la voie du suicide électoral. Depuis, elle confirme son ancrage dans une gestion à courte vue, dans laquelle les choix tactiques incertains (alliance derrière le PS ou « Front de gauche ») n’obéissent qu’à une seule logique : la préservation d’un appareil resserré, replié sur lui-même. Le PCF de la grande époque était à la fois stalinien jusqu’à l’intransigeance et ouvert sur l’expérience populaire et sur les grandes évolutions politiques nationales ; le PC actuel est, tout à la fois, formellement moins stalinien et davantage replié sur lui-même et donc « sectarisé ». La logique interne d’appareil (l’éradication des dissidences et les règlements de compte) l’emporte sur le sens du réel et sur l’ambition de sa transformation dans les faits et non dans les mots. L’appareil du parti est aujourd’hui une machine à diviser les communistes, alors que l’urgence serait de les rassembler dans leur diversité. Il faut ainsi tenir compte de la rupture historique que la dernière période a installée. Il existe toujours un appareil politique, qui délivre des cartes et qui conserve légalement le sigle de « PCF » ; mais le Parti communiste français historique, avec sa contradiction fondamentale, n’existe plus. Dont acte. Nous avons jusqu’à ce jour considéré que notre projet politique devait continuer de se mener au sein de la structure historique du Parti communiste français ; pas exclusivement dans cette structure, mais d’abord en son sein. L’expérience de ces trois dernières années montre que cette tentative est maintenant inefficace (sur quoi s’appuyer, quand ne pèse plus la rationalité du réel ?), qu’elle est épuisante et que, in fine, elle tend à rendre illisible le projet refondateur lui-même.

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Patrick Braouezec : pourquoi j'ai décidé de quitter le Parti communiste LE MONDE | 25.03.10 Patrick Braouezec, député de la Seine-Saint-Denis et un des piliers du courant rénovateur, a décidé de quitter le Parti communiste français après trente-huit ans de militance. A ses yeux, le PCF n'est pas capable d'impulser un vrai rassemblement de la gauche critique et de porter un projet novateur. Après son éviction par Marie-George Buffet de la tête de liste régionale en Ile-de-France, l'atmosphère interne est devenue irrespirable pour lui. D'autres figures de ce courant ont décidé de suivre ce mouvement. Il s'agit de Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, Jacqueline Fraysse, députée des Hauts-de-Seine, Patrick Jarry, maire de Nanterre, Roger Martelli, historien, Pierre Zarka, ancien directeur de L'Humanité et Lucien Sève, philosophe. Pourquoi quittez-vous le Parti communiste français? Voilà des mois que je m'interroge avec d'autres camarades pour savoir où nous pouvons encore être utiles à construire une alternative de transformation sociale et écologique. Ce qui est sûr, c'est que moi, je pars. D'autres l'ont aussi annoncé. Nous nous réunissons, vendredi 26 mars, pour décider de la manière et du moment d'une sortie collective en mai. Les départs du PCF, toujours à pas de loup, ont été nombreux ces dernières années. Les conditions sont réunies pour qu'il y ait un départ massif de communistes, élus comme militants. Nous sommes au terme d'un long processus. Avec mes amis refondateurs, on a travaillé longtemps un pied dedans, un pied dehors, pensant qu'on pouvait encore transformer ce parti de l'intérieur. Depuis l'expérience avortée d'une candidature unique à la présidentielle de 2007 et les différentes tentatives de rassemblement qui ont avorté à cause des appareils, il faut se donner d'autres perspectives. Entre une mort annoncée et une vie potentielle dynamique, je choisis la vie. Pour vous, le PCF est mort ? Pour moi, la forme "parti" est dépassée. On voit qu'une des qualités d'Europe Ecologie, c'est d'avoir transcendé cette forme politique traditionnelle. Quand vous avez plus de 50% d'une population qui ne va pas voter, et cela d'une manière structurelle; quand ces pourcentages d'abstention passent à 75 % pour les 18-30 ans; quand on y ajoute entre 4% et 5% qui votent blanc… il y a, à l'évidence, une crise des formes d'organisation qui n'ont plus rien à voir avec le monde contemporain. Appartenant au PCF, je considère que la forme de mon parti est dépassée et morte. Mais c'est une question qui est posée à l'ensemble des partis. C'est la fin d'une histoire, celle des rénovateurs dont vous avez été une des figures… On finit une histoire, celle d'un courant en interne qui n'a pas réussi à transformer le Parti communiste. Mais pour moi, c'est aussi le début d'une autre histoire. Celle de communistes qui, avec d'autres partenaires, souhaitent élaborer un projet politique et une forme d'organisation innovante adaptée à la société d'aujourd'hui. On est dans une période de métamorphose, où l'on voit bien ce qui se défait et l'on sait que ce qui est à construire, à tisser est plus complexe. Créer n'est jamais simple mais c'est enthousiasmant. Vous allez construire une nouvelle organisation. Une de plus ? Nous sommes déjà, pour partie, membres de la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE). C'est une forme d'association politique qu'il faut faire évoluer. Nous allons nous y investir pour mieux la structurer, la rendre efficace et lisible afin d'être plus présents dans les moments électoraux comme dans les luttes sociales. On veut être un lieu charnière entre tous ceux qui veulent que les choses changent, indépendamment des jeux d'appareils. Vous restez au sein de la gauche radicale ou vous vous tournez, comme l'ont fait certains de vos amis, vers Europe Ecologie? Nous partirons avec l'ambition de nous adresser non seulement à l'ensemble des communistes, au Front de gauche parce qu'il constitue, de manière encore trop étriquée, une base militante, aux militants du NPA mais tout autant à la gauche d'Europe Ecologie. Je pense qu'au sein de cette organisation beaucoup ne se reconnaissent pas dans l'orientation donnée par Daniel Cohn-Bendit et sa "coopérative". Nous allons tisser des liens aussi avec des socialistes qui craignent que leur parti ne s'engage dans une alternance de plus sans vrai changement. Il faut de la part de la gauche des engagements réels en lien avec le mouvement social et les quartiers populaires qui désespèrent de tout. Nous souhaitons que des militants syndicalistes, des associatifs, des militants des quartiers mais aussi des intellectuels construisent avec nous cette alternative politique. Ce sera le sens du message que nous leur enverrons.

Propos recueillis par Sylvia Zappi Article paru dans l'édition du 26.03.10

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